Il fait trop  »FRETTE » pour les canards!

Je ne m’étendrai pas sur le sujet, les milliards de gens sur Facebook se sont assurés de nous laisser savoir, en statuts, photos et autres moyens quelconques de nous le faire savoir: IL FAIT  »FRETTE »! Pas juste froid, non monsieur! F-R-E-T-T-E! Cette semaine, il a fait pas loin de – 8000 avec le facteur vent (et – 8000 CELSIUS, même pas farenheit!)

Vous savez comment je suis… comment dire… pointilleuse des expressions qu’on utilise ici au Québec. Jeudi dernier j’étais au Steve’s Music pour une série d’entrevues dans le câdre de mon travail. Pour ceux qui ont la mémoire courte, c’est pas mal dans ce moment-là qu’il a fait – 8000. Évidemment, avec le froid, pas grand monde allaient se déplacer sans en être ABSOLUMENT obligés, donc j’ai vu la moitié de mes rendez-vous être cancellés et j’ai passé du temps à l’avant-boutique avec Dan, je vendeur sympa. La journée allait bien, puis un homme est entré dans le magasin et est venu perturber mon cerveau. Il est entré, a secoué son manteau, puis nous a regardé en disant:

Ouf, il fait un froid de canard!

…..

On va mettre quelque chose au clair…

Un froid de canard, c’est entre 15 et 10 degrés celsius, en octobre. Parce que c’est vers ces températures-là que le canard comprend le message, pacte son stuck et fou le camp en floride. Alors à la température qu’il faisait, ça fait déjà 70 degrés qu’on a dépassé le  »temps de canard! ».

Il fait frette ici au Québec. On a des température ridicules… Mais selon les autres pays  »Bah vous êtes canadiens, vous êtes faits tuff »… EUH NON! À cette température-là, même les esquimaux (les vrais avec des fourrures, pas le popcycle) sortent le nez de l’igloo et décident qui vont sortir quand il va faire moins frette! Les russes ont pas assez de vodka pour survivre à ce froid. Bref, encore une tonne de stéréotypes racistes pour dire QU’IL FAIT FROID!

Et j’ai encore des gens qui me disent:  »ah mais moi j’aime ça le froid, tsé c’est mieux que d’avoir chaud. »

Ben voyons donc! Tsé quand il fait chaud, t’enlèves des couches, tu trouve de l’air climatisé (t’as pas besoin de chercher loin… il y en a partout maintenant), tu te pitches dans piscine, ou tu fais comme moi, tu lézarde sur une roche au soleil puis tu sent le cochon brulé pendant deux semaines.
La différence avec le froid, c’est que quand t’as froid, tu peux juste mettre et mettre des couches de linge, et des fois ça battras pas le fait que t’as froid. Tu pognes le rhume, la grippe, tu mouches, tes lunettes s’embuent quand tu entres quelque part, faut pelleter, le char pars pas, tu perds TOUT LE TEMPS une mitaine, perds ton cellulaire dans le banc de neige, pelleter ENCORE parce que la charrue (pas ta belle-mère, le camion là) passe EXACTEMENT à la seconde où tu montes sur ton perron après avoir passé 25 minutes à pelleter…

Je pense que mon argument le plus décisif est celui-ci: L’hiver le froid peut te donner une engelure, et une engelure peut mener à beaucoup de douleur, parfois même l’amputation d’un membre. Il n’y a RIEN (… ok mis à part un accident très malencontreux de ski nautique) l’été qui amènerait une amputation

En conclusion, l’hiver c’est le mal parce que l’hiver nous fait perdre des membres. Laissons la question de la souveraineté du Québec de côté pour attaquer un problème plus pressant: L’abolition des températures sous zéro (en excluant la période entre le 22 décembre et 4 janvier… c’est Noël quand-même) au Québec!

… Il est 2 heures du matin…. Tout est possible à 2 heures du matin!

Ok je vais me coucher.

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La chienne à Jacques

Après l’article sur la brique et le fanal, je poursuis le bal avec une nouvelle expression:

Elle est habillée comme la chienne à Jacques.

Honnêtement, je ne sais pas trop par où commencer avec cette phrase… Premièrement, pour se situer, faudrait savoir c’est qui Jacques.

C’est un ami, le voisin, le vieux mon’oncle de ta collègue de travail… Car tout le monde (ou presque) connaît un Jacques. Moi le seul Jacques que je connais, c’est un technicien de son de 38 ans avec les cheveux longs et une cigarette toujours au coin de la bouche. Mais votre Jacques, c’est peut-être le curé, ou votre père…

Même une fois qu’on a identifié Jacques, comment on sait s’il a un chien, et comment on sait que c’est une femelle? Le fait de n’avoir aucune de ces informations à priori fait qu’on ne peut pas utiliser l’expression, car ce serait de la fausse représentation! Disons qu’on ait identifié le Jacques, le chien et le sexe dudit chien, encore faut-elle qu’elle s’habille cette chienne! Les  »vêtements pour chiens » sont habituellement fait pour de petits chiens (chiuaua, poméranien, yorkshire,…) et non pour les gros chiens comme un bouledogue ou un labrador. Alors si la chienne est un dalmatien (on extrapole là, suivez un peu!) et qu’elle n’a pas de vêtement, est-ce que l’espression sert à définir une femme qui se promène nue? Et si c’est un chien plus poilu (exemple un Chow-Chow, on est encore dans l’exptrapolation lecteur) c’est pour définir une femme qui se promène nue ET qui a une pilosité prononcée?

Quelqu’un m’a lancé comme théorie que la  »chienne à Jacques » pourrait être une  »chienne » dans le sens de l’uniforme que portent les mécaniciens. Bon… On reviens donc au premier problème de mon histoire… Si le Jacques que je connais n’est pas mécanicien, mais bien, disons, boulanger, mais que je connais un Henri qui est mécanicien, dois-je changer ma phrase pour  »Elle est habille comme la chienne à Henri »? Y a-t-il une raison pour que ce soit celle de Jacques, a-t-elle quelque chose de spécial?

Et aussi… Comment peut-elle s’habiller COMME la chienne à Jacques…. elle serait plutôt habillée AVEC la chienne à Jacques (ou Henri, dépendamment du mécanicien connu). À moins que la chienne soit en fait un vêtement qui porte lui-même des vêtements… Ce qui serait, par contre, totalement incongru.

 

Finalement, personne ne sait qui est Jacques, personne ne sait s’Il a un chien, si c’est une femelle, ou si on parles finalement d’une pièce de vêtement. Est-ce qu’on peut juste tous s’accorder pour dire:

Elle s’habille vraiment mal

Et peut-être y introduire un élément de comparaison connu, au lieu de laisser tout le monde dans le néant avec un chien-vêtement d’un homme hypothétique?!?!?

La brique et le fanal

J’ai un cerveau over-analytique qui (selon ma mère) ne s’arrête vraiment pas à analyser les bonnes choses. Alors après avoir entendu une expression bien courante l’autre jour, j’ai ressassé le tout dans ma tête et je vous sert mon analyse-de-phrase-qui-changera-absolument-rien-quand-vous-aurez-fini-de-la-lire-mais-qui-m’a-vraiment-torturé-l’esprit :

Je vais t’attendre avec une brique et un fanal

Premièrement il faudrait se demander à quelle époque est née cette phrase, et pourquoi est-elle encore utilisée aujourd’hui. Le fanal nous donne un bon indice du fait que c’était un temps où on ne s’éclairait pas encore nécessairement à l’électricité. Parce que sinon, le fanal n’aurait pas lieu d’être, et je pense que c’est illégal de se promener avec un fanal allumé dans les rues…

Habituellement cette phrase est utilisée dans un contexte où l’on a un problème à régler avec quelqu’un. Cette phrase est en fait la version adulte de ‘‘Je vais t’attendre au rack à bycick à 4 heures’’. Parce que passé le secondaire, les opportunités d’avoir un stationnement à vélos à portée de main pour régler un conflit se fait beaucoup plus rare. Et comme on peut le deviner, c’est l’expression qu’on utilise quand on veut régler un conflit avec quelqu’un, mais pas en enterrant la hache de guerre et en étant pacifique. Ce qui m’amène à cette remarque est bien sûr la brique. Avouons que comme éléments de poids, il n’y a pas bien mieux qu’une brique pour gagner un argument. Même aujourd’hui, la brique est encore de mise pour gagner un argument (clin d’œil ici à mes porteurs de carrés rouges http://www.youtube.com/watch?v=EpQrNObvQLo ). Quoique aujourd’hui, avec les campagnes contre l’intimidation, la violence, la chicane… les recours seraient sûrement différents.

Ce qui m’amène à parler de l’élément qui me chicotes le plus : le fanal.

POURQUOI!

Est-ce que le fait d’avoir un fanal oblige l’altercation à se passer la nuit? Sinon, pourquoi un fanal? Et aussi, plein de questions seraient évitées si on avait l’information nous disant si le fanal est à l’huile ou à l’électricité. Car, dans le cas qu’il est à l’huile, il n’est pas mentionné, mais est-il de rigueur que la personne attendue vienne avec des allumettes? Car il va falloir l’allumer ce fanal. Et si jamais la personne convoquée n’est pas libre le soir, est-ce que la phrase est encore valable? Est-ce qu’on peut troquer le fanal pour un objet plus propice à l’heure de la rencontre? Et disons qu’il pleut, est-ce qu’on peut changer le fanal pour un parapluie où il va faire trop noir et on est mieux de changer la date?

Aussi, l’ordre est-il important? Voulant dire; est-ce que la brique et le fanal doivent être dans une main respective, ou c’est au choix du porteur? Si moi je suis gauchère, je devrais tenir le fanal ou la brique dans ma main gauche? J’imagine que ça dépend de ce que je comptes faire de ma brique… Mais peut-être aussi de si je dépose le fanal ou non… Car ça non plus c’est pas mentionné.

Et si j’essayais de mettre cette phrase au goût du jour, je me demande à quoi ça pourrait ressembler :

Je vais l’attendre avec un tazer gun/poivre de Cayenne et une lampe de poche

Je vais l’attendre avec mon cellulaire et une longue lettre expliquant pourquoi je t’en veut

Je vais écrire sur ton wall Facebook!!!

Finalement, c’est peut-être une phrase qui appartient à son époque, mais qu’on utilise par souci de confort de patrimoine… ou un truc du genre. Quoique je n’aie aucune idée de quand et d’où provient cette phrase. Ma curiosité m’a grugé, j’ai ouvert internet. J’ai fait des recherches sur internet en vain… aucune d’explication ni de provenance.. mis à part une adaptation bizarre de la phrase-vedette : ‘‘On va t’attendre, tu vas voir ça va te couter une brique pis un fanal.’’ Visiblement des touristes qui essayaient de s’intégrer… Quel raté!

En conclusion, je n’ai pas de conclusion. Même après analyse (oh combien inutilement profonde) cette phrase ne veut toujours rien dire et je vais quand-même continuer de l’entendre dite par des gens aussi dans l’ignorance que moi, mais qui ne se seront jamais arrêtés pour l’analyser!